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Les probiotiques rendent le traitement de la maladie de Crohn plus efficace

Traitement de la maladie de Crohn
Suren Bahidsky Suren Bahidsky
Journaliste, consultante médicale
Sujet: Problèmes intestinaux

La maladie de Crohn est l’inflammation sérieuse et chronique du système intestinal. Elle est aujourd’hui incurable, les thérapies existantes ne peuvent qu’apaiser les symptômes. Néanmoins, selon une recherche récente, le traitement de la maladie de Crohn peut se faire à l’aide des probiotiques.

La maladie concerne en général la section inférieure de l’intestin grêle et le côlon, mais elle peut apparaître dans n’importe quelle partie du système intestinal. C’est une inflammation rebelle, profonde et chronique qui affecte non seulement la membrane muqueuse mais également la paroi intestinale entière, et peut s’ulcérer avec le temps. La maladie en tant que telle se manifeste sur plusieurs sections intestinales à la fois, ses symptômes s’aggravent quand elle s’enflamme. Deuc personnes sur mille souffrent de la maladie de Crohn, la maladie se développe dans la plupart des cas chez les jeunes adultes, mais elle peut affecter les enfants également.

Signes avertisseurs

Le symptôme le plus caractéristique de la maladie de Crohn est la diarrhée chronique qui se conjugue souvent avec une douleur gastrique convulsive qui se manifeste sur la partie hypogastrique droite. Cette douleur est souvent tellement forte qu’elle peut être confondue avec lappendicite.

A cause de la diarrhée et de l’inflammation de la membrane muqueuse l’absorption des éléments nutritifs s’altère, des états de carence et de l’anémie peuvent ainsi se développer. Le système immunitaire s’affaiblit, le malade devient fatigable sans appétit, la fièvre est aussi un symptôme typique. La fissure et l’abcès du rectum sont fréquents chez les personnes souffrant de la maladie de Crohn.

L’origine inconnue

Il n’existe pas encore d’explication claire relative à l’arrière-plan de la maladie. Il est certain que le cumule familial peut être observé, ceux dont les parents étaient déjà touchés par la maladie, ont une probabilité de vingt pour cent de tomber également malade. Selon certaines observations il s’agit du résultat d’un processus auto-immune. Elle n’a cependant rien à voir avec le stress ou avec les troubles mentaux. Il est très important que la maladie de Crohn n’est pas contagieuse, néanmoins les pathogènes peuvent jouer un rôle dans son apparition. C’est à cela que les chercheurs de l’Université de Pennsylvania ont trouvé de preuve, qui ont mis en rapport la maladie de Crohn avec une sous-espèce des bactéries proteobacteria se trouvant dans la flore intestinale. Si l’on arrive donc à modifier la composition de la flore intestinale de telle manière à ce que le nombre de ces bactéries diminue considérablement, le risque du développement de cette maladie diminuera également.

Un enzyme en arrière-plan ?

Selon une recherche publiée dans la revue spécialisée Science Translational Medicine, le proteobacteria peut potentiellement se trouver à l’arrière-plan de la maladie de Crohn. Cette bactérie produit une grande quantité d’enzyme urease qui décompose l’urea (carbamide) en dioxyde de carbone et en ammoniaque. Sous l’effet de l’ammoniaque et de l’acide ammoniaque en étant préparé par l’intermédiaire des bactéries, la réponse inflammatoire caractérisant la maladie se déclenche dans la membrane muqueuse du système intestinal, tandis que l’équilibre de la flore intestinale se bouleverse. Si l’on arrive donc à modifier la composition de la flore intestinale de telle manière à ce que la proportion des bactéries produisant l’ammoniaque soit beaucoup plus petite, le traitement de la maladie de Crohn peut aussi devenir plus simple.

Preuves expérimentales

Dr. Gary D. Wu et ces collègues ont d’abord comparé l’échantillon de selles de quatre-vingt-dix patients souffrant de la maladie de Crohn et de vingt-six enfants en bonne santé. Ils ont découvert que la quantité des acides aminés liés aux bactéries et aux proteobactéries, produits lors du métabolisme azoté se déroulant au cours de la décomposition de protéines, a été plus élevée dans les échantillons des malades. Au vu de ces résultats les chercheurs ont réalisé d’autres expériences sur des souris afin de suivre les changements intestinaux liés au métabolisme azoté. Ils ont « nettoyé » la flore intestinale des animaux, puis ils ont administré dans leur organisme des bactéries Escherichia coli urease négatives et urease positives. La bactérie urease négative n’a pas généré de dysbiose (l’équilibre de la flore intestinale n’a pas donc été bouleversée), tandis que chez les souris traités avec de l’Escherichia coli urease positive le processus s’est déclenché et l’inflammation du côlon s’est également aggravée.

Ceci marche chez l’homme aussi

Suite à ces expériences sur les souris, la méthode a été testé sur l’homme aussi, la charge bactérienne a été ainsi considérablement apaisée chez les sujets. Selon le docteur Wu cela permet – similairement au cas des souris – de modifier adéquatement la flore intestinale des personnes souffrant de maladie intestinale inflammatoire.

A l’aide de la diminution de la quantité des bactéries produisant l’urease, le risque de la dysbiose peut être également réduit, le traitement de la maladie de Crohn peut devenir plus efficace..

Source :

Science Translational Medicine​

Vol. 9, Issue 416, doi: 10.1126/scitranslmed.aah6888​

„A role for bacterial urease in gut”

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